Mon langage plastique s’articule en réaction à l’environnement urbain dans lequel je fais face tous les jours. Publicités mensongères, agressives et abondance d’informations de toute sorte dirigent le citoyen vers une pensée unique. Les mots d’ordres sont productivité, rapidité, efficacité et recherche absolue de la perfection. Dans cette société où la technologie prend littéralement le dessus sur nos vies, la notion de temps et de silence devient un concept de plus en plus abstrait.
            Je suggère par mon travail des moments de sérénité et de silence où le spectateur peut être en communion avec lui-même. L’absence de narration et d’images est extrêmement importante et dans ce sens j’essaie de créer un moment propice à l’introspection.
           Le silence, la contemplation, le temps, l’épuration et la matière sont des motivations majeures dans mon travail. Ma réaction face à la prolifération d’images se traduit par des œuvres d’une facture généralement minimaliste, monochrome, n’ayant d’autre sujet qu’elle-même, visant le concept de l’autonomie de l’œuvre
Selon moi, la mémoire collective joue un rôle primordial dans la perception de l’art
En récupérant de vieux panneaux de contre-plaqué trouvé et des lamelles d’acier rouillé, je tente de re-questionner la légitimité de l’artiste dans l’acte picturale, à savoir si les conditions climatique qui altère une surface est concevable comme œuvre autonome et si la création ne se limite plus qu’au simple regard que l’on porte à son environnement en se l’appropriant.
           Mon travail s’inscrit davantage dans l’art conceptuel où l’idée prédomine que dans une pratique de peinture plus traditionnelle. Je conçois mes tableaux de façon a ce que, pris indépendamment, chaque élément qui le compose servent à la compréhension générale de l’œuvre, dans un processus mathématique inconscient.